Le transport se paie à 30 jours par la loi, vos clients vous règlent à 60.
Le donneur d'ordre applique ses conditions d'achat standard : soixante jours, comme pour tous ses fournisseurs. Sauf que sur une facture de transport, ces soixante jours ne sont pas légaux. Personne ne le dit, parce que personne n'a envie de perdre le client — et parce que personne ne sait, facture par facture, quelle était la vraie date d'échéance.
Un délai protecteur que personne n'applique.
Le législateur a mis le transport à part pour une raison simple : la marge y est mince, le carburant se paie comptant et les salaires tombent tous les mois. D'où un plafond spécifique de trente jours, plus court que le régime général. Sur le terrain, c'est le calendrier du client qui gagne. Ses conditions générales d'achat annoncent soixante jours, son logiciel comptable est paramétré ainsi, et la facture part dans le circuit avec la mauvaise échéance dès la première seconde.
Le transporteur, lui, encaisse un décalage de trente jours de chiffre d'affaires. Sur une TPE qui facture 40 000 € par mois, c'est 40 000 € de trésorerie immobilisée en permanence — pas une fois, mais en continu, mois après mois. C'est exactement le montant qu'on va ensuite chercher en découvert ou en affacturage, avec les frais correspondants.
Et la relance ne part jamais au bon moment. Faute de savoir quelle facture est réellement en retard, on relance en bloc à la fin du mois, ou pas du tout. Les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire, pourtant dues de plein droit, ne sont jamais chiffrées : les réclamer suppose de connaître le jour exact du dépassement et de pouvoir le prouver.
Le sujet n'est donc pas juridique. Le texte est clair, il est en vigueur, il est de votre côté. Le sujet, c'est qu'aucun calcul fiable ne tourne entre l'émission de la facture et le moment où l'argent manque.
Trois régimes, trois échéances.
Régime général
Article L. 441-10 : 60 jours nets après la date d'émission, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit. À défaut d'accord, 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation.
La plupart des facturesTransport
Article L. 441-11, II, 5° : 30 jours maximum à compter de la date d'émission de la facture. C'est un plafond, pas un délai supplétif : aucune clause ne permet d'aller au-delà.
Votre casSecteurs dérogatoires
Matériel agricole, articles de sport, horlogerie, jouet : des délais plus longs, mais qui doivent être expressément stipulés au contrat et ne pas constituer un abus manifeste.
Sans rapport iciLe périmètre est plus large que le seul camion : transport routier de marchandises, location de véhicules avec ou sans conducteur, commission de transport, transitaire, agent maritime, fret aérien, courtier de fret et commissionnaire en douane relèvent tous du même plafond de trente jours.
Trente jours à compter de quoi, exactement.
C'est là que se joue la moitié des litiges. Le plafond est simple ; sa date de départ l'est moins dès qu'on facture au mois.
La règle : la date d'émission de la facture. Ni la date de livraison, ni la date à laquelle le service comptable du donneur d'ordre a ouvert le courrier, ni celle de la saisie dans son logiciel. Une facture émise le 3 septembre est exigible trente jours plus tard, soit le 3 octobre, quel que soit le parcours du document entre-temps.
La facture récapitulative décale légitimement le départ. Si vous regroupez les transports du mois sur une récapitulative émise en fin de mois, le délai court depuis cette émission — l'administration l'a admis dans une note d'information du 12 décembre 2011 (n° 2011-127), après avoir longtemps fait courir le délai depuis la première prestation. Une récapitulative émise le 31 août est donc exigible le 30 septembre, y compris pour le transport réalisé le 2 août. La contrepartie : votre rythme d'émission doit être constant et documenté. Une facturation qui part le 28, puis le 4, puis le 31, rend l'échéance impossible à défendre — et c'est précisément ce qu'une règle automatique corrige.
Les « délais cachés » sont interdits. Une procédure d'acceptation ou de vérification peut figurer au contrat, mais elle ne peut ni allonger le délai de paiement, ni en décaler le point de départ, et sa durée ne peut excéder trente jours. L'article L. 441-16 sanctionne au surplus toute clause ou pratique qui retarde abusivement ce point de départ. Exiger un bon de livraison contresigné avant d'accepter la facture, ou ne la considérer émise qu'à sa saisie chez le client, tombent sous cette interdiction.
Ce que coûte le retard, au taux du moment.
Les pénalités ne se négocient pas : elles sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans rappel préalable. Encore faut-il savoir les calculer.
Taux par défaut
À défaut de taux au contrat : taux directeur de la BCE au 1er juillet 2026, soit 2,40 %, majoré de dix points. Soit 12,40 % pour le second semestre 2026.
Si le contrat est muetPlancher contractuel
Un taux peut être prévu au contrat, mais jamais sous trois fois le taux d'intérêt légal — fixé à 2,75 % pour les créances entre professionnels au 2e semestre 2026. Plancher : 8,25 %.
Si vos CGV en prévoient unIndemnité forfaitaire
40 € par facture en retard, fixés par l'article D. 441-5, cumulables avec les pénalités. Mention obligatoire dans les CGV et sur chaque facture.
Par facture, systématiqueUn exemple. Une facture de 4 800 € émise le 3 septembre 2026, exigible le 3 octobre, réglée le 18 novembre : 46 jours de retard. Au taux par défaut, les pénalités s'élèvent à 4 800 × 12,40 % × 46/365, soit 75,01 €, auxquels s'ajoute l'indemnité de 40 €. Total : 115 € dus de plein droit sur une seule facture. À raison d'une facture par mois chez le même donneur d'ordre, c'est environ 1 380 € par an — rarement encaissés, mais toujours utiles à poser sur la table au moment de renégocier le contrat annuel.
Un levier que peu de transporteurs connaissent. L'article L. 441-14 du code de commerce oblige le commissaire aux comptes d'une grande entreprise ou d'une ETI à signaler au ministre de l'Économie les manquements répétés et significatifs — et il vise nommément le 5° du II de l'article L. 441-11, c'est-à-dire votre délai de trente jours. Le donneur d'ordre qui applique mécaniquement soixante jours à ses fournisseurs transport le fait donc sous le regard de son propre auditeur. Le rappeler, sobrement, change souvent le ton d'une discussion.
Pour poser les chiffres avant d'en parler : notre calculateur d'échéance de paiement donne la date limite à partir de la date d'émission, et le calculateur de pénalités de retard chiffre le dû. Les deux sont gratuits, sans inscription, et fonctionnent entièrement dans votre navigateur — aucune de vos données ne part sur un serveur.
L'échéance est calculée à l'émission, pas retrouvée après coup.
Pas un logiciel de recouvrement à l'abonnement. Une pièce ciblée qui branche la règle des trente jours sur vos factures existantes et fait le reste sans vous.
1 · Elle date
Chaque facture émise reçoit sa date limite de paiement calculée à partir de la date d'émission, avec les mentions obligatoires en pied de facture : taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
À l'émission2 · Elle relance
À l'approche de l'échéance puis au premier jour de retard, la relance part seule, au bon interlocuteur, avec le rappel du régime applicable. Les niveaux de relance suivent votre politique commerciale, pas un modèle imposé.
Sans y penser3 · Elle chiffre
Pénalités et indemnité déjà calculées facture par facture, et un état des retards par client. Vous savez qui dépasse, de combien, depuis quand — de quoi négocier, ou décider de ne plus travailler à perte.
En cas de retardLa conversation devient factuelle.
Vous cessez de demander une faveur. Une relance qui rappelle l'article applicable, la date d'émission et le nombre de jours de dépassement ne se discute pas de la même façon qu'un message qui commence par « je me permets de revenir vers vous ». Le service comptable en face n'a pas besoin d'être convaincu : il a besoin d'une échéance justifiée à ressaisir.
Les pénalités deviennent une option réelle. Chiffrées d'avance, elles servent d'abord de levier — la plupart du temps on ne les applique pas, on rappelle simplement qu'elles sont dues de plein droit. Encore faut-il pouvoir les sortir en trois secondes, et savoir à quel moment passer à la mise en demeure avant injonction de payer. Notre calculateur de pénalités de retard et notre modèle de relance de facture impayée sont en accès libre pour tester le raisonnement avant de l'automatiser.
Le décalage se voit avant qu'il ne fasse mal. Un état des retards par client, mis à jour seul, montre lequel de vos donneurs d'ordre finance sa trésorerie avec la vôtre. C'est l'information qui manque au moment de renégocier un contrat annuel.
L'outil vous appartient. Pas d'abonnement mensuel par utilisateur : une brique à vous, branchée sur votre logiciel d'exploitation actuel, qu'on fait évoluer quand vos flux changent. Pour situer le budget, voyez le guide des prix. Elle se combine avec la préfacturation validée avant émission — qui supprime le motif de retard le plus fréquent, la contestation —, l'édition des ordres de transport et les relances d'impayés pour le reste de votre facturation.
Ce qu'on me demande.
Quel est le délai de paiement d'une facture de transport ?
Un client peut-il imposer 60 jours par contrat ?
Quelles activités sont concernées par ce délai de 30 jours ?
Quel est le taux des pénalités de retard au 2e semestre 2026 ?
Une facture récapitulative mensuelle change-t-elle le point de départ ?
Un client peut-il retarder le point de départ par une procédure de vérification ?
Que risque un client qui paie hors délai ?
Peut-on sécuriser son calcul par un rescrit auprès de la DGCCRF ?
Combien coûte cette brique ?
Une heure, chez vous, gratuite.
On regarde comment vos factures de transport sortent aujourd'hui, quelle échéance y figure et où partent les relances. Vous repartez avec un avis clair sur ce qui s'automatise et ce que ça coûte — sans engagement.
Confirmation immédiate · sans engagement