Calcul d'ancienneté, de date à date.
Années, mois et jours exacts entre deux dates — pas un nombre de jours divisé par 365. Plusieurs périodes se cumulent (reprise d'ancienneté, CDD enchaînés), les absences se déduisent, et l'outil dit à quelle date chaque seuil légal est franchi. Plus bas : la formule Excel, et la liste officielle des absences qui comptent ou non.
Périodes à compter
Une seule ligne pour une durée simple. Ajoutez des lignes pour cumuler plusieurs contrats ou une reprise d'ancienneté.
Ce calculateur d'ancienneté fonctionne aussi comme une calculatrice de durée entre deux dates : congé, garantie, délai de procédure.
Comment c'est compté : de quantième à quantième, comme un calendrier. Du 1er mars au 5 août, il s'est écoulé 5 mois et 4 jours. Quand le quantième n'existe pas dans le mois d'arrivée, on s'arrête au dernier jour de ce mois : du 31 janvier au 28 février d'une année ordinaire, il s'est écoulé un mois — c'est la même convention que pour une période d'essai. Quand plusieurs périodes sont cumulées, ou quand des jours sont déduits, le report des jours vers les mois se fait sur la base usuelle de 30 jours par mois : le nombre de jours au total, lui, reste exact. Les seuils affichés sont ceux du Code du travail (préavis de licenciement, droit à l'indemnité légale) ; votre convention collective, votre contrat ou les usages peuvent être plus favorables et prévoir d'autres seuils. Outil d'aide au calcul, il ne remplace ni la paie ni un conseil juridique.
Sources des seuils, vérifiées le 5 août 2026 : article L1234-1 du Code du travail (préavis de licenciement : un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois à partir de deux ans), article L1234-9 (indemnité de licenciement due à partir de 8 mois d'ancienneté ininterrompue) et la fiche service-public.gouv.fr F371 sur le calcul de l'ancienneté.
Pourquoi on ne divise pas par 365.
Le calcul d'ancienneté se fait de quantième à quantième, comme un calendrier. C'est la seule méthode qui donne le même résultat que la paie.
Un calculateur d'ancienneté ne sert à rien si l'on ne sait pas ce qu'il compte. Le réflexe naturel, c'est de soustraire les deux dates et de diviser par 365. Sur une carrière un peu longue, ce calcul se trompe systématiquement, et toujours dans le même sens : il surestime l'ancienneté, parce que l'année civile moyenne fait 365,2425 jours et non 365. Un salarié entré le 1er septembre 2012 et sorti le 1er septembre 2026 a exactement 14 ans ; la division par 365 affiche 14,01 an. Sur un bulletin, un chiffre à deux décimales qui flotte autour du seuil ne déclenche pas les mêmes droits qu'une date franchie.
La bonne méthode est celle du quantième : on compte les années pleines en gardant le même jour du mois, puis les mois pleins, puis les jours restants. Du 12 mars 2020 au 5 août 2026, cela donne 6 ans, 4 mois et 24 jours : six fois le 12 mars, puis le 12 juillet, puis 24 jours jusqu'au 5 août. Aucune division nulle part.
Le seul cas où la règle demande un arbitrage, c'est quand le quantième de départ n'existe pas dans le mois d'arrivée. Du 31 janvier au 28 février d'une année ordinaire, il n'y a pas de 31 février : la convention retenue ici, qui est aussi celle appliquée en matière de période d'essai, consiste à s'arrêter au dernier jour du mois. Un mois plein s'est écoulé, pas vingt-huit jours isolés. Même logique pour un contrat commencé un 29 février : l'anniversaire tombe au 28 février des années ordinaires.
Et la borne de fin ? Un contrat du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020 fait un an, parce que le dernier jour travaillé est compris. Un délai qui court du 1er janvier au 31 décembre fait 11 mois et 30 jours, parce qu'on mesure l'écart entre deux instants. C'est la même arithmétique avec un décalage d'un jour, et c'est la première source d'écart entre deux calculs faits de bonne foi. La case à cocher de l'outil ci-dessus sert exactement à trancher ce point.
La formule DATEDIF, et le piège que Microsoft documente lui-même.
Un calcul d'ancienneté dans un tableur tient en trois fonctions. Deux marchent, la troisième est déconseillée par son propre éditeur.
La fonction s'appelle DATEDIF et elle n'apparaît pas dans l'autocomplétion d'Excel : Microsoft ne la fournit que pour assurer la compatibilité avec les anciens classeurs Lotus 1-2-3. Il faut la taper en entier, en aveugle. Elle fonctionne pourtant dans toutes les versions courantes, y compris Microsoft 365 et LibreOffice Calc.
Avec la date d'entrée en A2 et la date de sortie en B2 :
| Ce qu'on veut | Formule | Exemple |
|---|---|---|
| Années pleines | =DATEDIF(A2;B2;"Y") | 6 |
| Mois restants après les années | =DATEDIF(A2;B2;"YM") | 4 |
| Jours restants après les mois | =B2-DATE(ANNEE(B2);MOIS(B2);1) | 4 |
| Nombre total de jours | =B2-A2 | 2337 |
Le piège est sur la troisième ligne. La réponse qu'on trouve partout est =DATEDIF(A2;B2;"MD"). Microsoft écrit noir sur blanc dans sa propre documentation qu'il déconseille l'argument « MD », qui peut renvoyer un nombre négatif, un zéro, ou un résultat inexact, et propose comme contournement officiel de soustraire le premier jour du mois d'arrivée à la date d'arrivée. C'est la formule donnée dans le tableau.
Deux autres comportements à connaître. Si la date de départ est postérieure à la date d'arrivée, la fonction renvoie #NOMBRE! au lieu d'un résultat négatif — utile pour repérer une saisie inversée dans un fichier de personnel. Et le séparateur d'arguments est le point-virgule en configuration française, la virgule en configuration anglo-saxonne : c'est ce qui explique la moitié des formules copiées sur le web qui refusent de s'exécuter.
Pour afficher la phrase complète dans une seule cellule :
=DATEDIF(A2;B2;"Y")&" an(s) "&DATEDIF(A2;B2;"YM")&" mois "&(B2-DATE(ANNEE(B2);MOIS(B2);1))&" jour(s)"
Cette formule couvre un salarié et un contrat continu. Dès qu'il y a plusieurs périodes à cumuler ou des absences à déduire, le tableur devient un empilement de colonnes intermédiaires que personne ne relit : c'est exactement ce que l'outil en haut de page fait à votre place, ligne par ligne, avec le détail du calcul exportable.
Toutes les absences ne se déduisent pas.
C'est la question qui fait basculer un dossier : une longue absence coupe-t-elle l'ancienneté ? Le classement officiel est contre-intuitif.
Pour le calcul de l'indemnité de licenciement, l'administration range les périodes de suspension du contrat en trois catégories. La ligne de partage n'est ni la durée de l'absence, ni le fait d'être payé : c'est l'origine de l'absence.
| Comptée en totalité | Comptée partiellement | Non comptée |
|---|---|---|
| Congés payés annuels Congé maternité, paternité, adoption Congé supplémentaire de naissance Congé parental d'éducation à temps partiel Congé de présence parentale Congé de solidarité familiale Congé de proche aidant Accident du travail et maladie professionnelle Congés de formation syndicale, mutualiste, cadres et animateurs jeunesse Congé de solidarité internationale Congé de représentation Mandat parlementaire ou local Temps partiel pour création d'entreprise Projet de transition professionnelle Réserve opérationnelle Préavis non réalisé à la demande de l'employeur |
Congé parental d'éducation à temps plein : compte pour moitié Contrats discontinus : l'ancienneté part de la date d'entrée du dernier contrat Embauche après une mission d'intérim dans l'entreprise utilisatrice : reprise plafonnée à 3 mois |
Accident de trajet Maladie non professionnelle Activité partielle (chômage partiel) Congé pour création ou reprise d'entreprise Congé sans solde Congé sabbatique Grève Mise à pied Préavis non réalisé à la demande du salarié |
Les deux distinctions à retenir. D'abord, accident du travail et accident de trajet ne sont pas la même chose : le premier compte en totalité, le second ne compte pas du tout, alors que le salarié est arrêté dans les deux cas et que la frontière entre les deux se joue parfois à un détour de route. Ensuite, le congé parental à temps partiel compte en entier tandis que le congé parental à temps plein ne compte que pour moitié : un an de congé parental total ajoute six mois d'ancienneté, pas douze.
Trois points de méthode. L'ancienneté pour l'indemnité de licenciement s'apprécie au jour où l'employeur envoie la lettre de licenciement, pas au jour du départ effectif. En cas d'inaptitude d'origine non professionnelle, le préavis doit être inclus dans l'ancienneté même s'il n'est pas exécuté et que le contrat est rompu immédiatement. Et en cas d'acceptation d'un contrat de sécurisation professionnelle, on retient l'ancienneté que le salarié aurait eue s'il avait effectué son préavis.
Enfin, ce classement est le plancher légal. Une convention collective peut être plus favorable et compter des périodes que le Code du travail exclut, ou fixer d'autres seuils : c'est fréquent pour la maladie non professionnelle, précisément parce que l'exclusion légale est sévère. Vérifiez votre IDCC avant de conclure.
Quand l'ancienneté démarre avant le contrat en cours.
La date d'embauche portée sur le contrat n'est pas toujours la date de départ de l'ancienneté. Six situations la font remonter en arrière.
| Situation | Point de départ de l'ancienneté |
|---|---|
| Un ou plusieurs CDD sans interruption suivis immédiatement d'un CDI | Le premier jour du premier CDD, et non la signature du CDI |
| Embauche après un contrat d'apprentissage | Le début de l'apprentissage, en totalité |
| Stage de fin d'études de plus de 2 mois suivi d'une embauche à l'issue du stage | Le début du stage |
| Changement d'employeur par succession, vente, fusion ou transformation du fonds | L'ancienneté acquise chez le précédent employeur est conservée en totalité |
| Embauche après une mission d'intérim dans l'entreprise utilisatrice | Reprise partielle, plafonnée à 3 mois |
| Contrats discontinus, séparés par des trous | La date d'entrée du dernier contrat seulement |
L'écart entre la première et la dernière ligne vaut de l'argent. Une succession de CDD sans interruption puis un CDI : l'ancienneté remonte au premier jour du premier CDD, même si cela représente trois ans. Les mêmes CDD séparés par des trous : l'ancienneté part du dernier contrat, et les trois ans disparaissent. La question à poser dans un dossier n'est donc pas « combien de contrats ? » mais « y a-t-il eu un seul jour sans contrat entre deux ? ».
C'est aussi le cas d'usage principal du bouton « Ajouter une période » de l'outil : on saisit chaque contrat sur sa ligne, l'outil les cumule et affiche le détail, ce qui permet de justifier le total ligne par ligne au lieu d'annoncer un chiffre.
Ce que l'ancienneté déclenche, et à quelle date.
Les seuils du Code du travail sont peu nombreux. Les connaître évite de découvrir après coup qu'il manquait trois semaines.
| Seuil | Ce qu'il ouvre |
|---|---|
| 8 mois ininterrompus | Droit à l'indemnité légale de licenciement, sauf faute grave ou lourde (art. L1234-9) |
| Moins de 6 mois | Préavis fixé par la loi, la convention collective ou l'usage local (art. L1234-1) |
| De 6 mois à moins de 2 ans | Préavis de licenciement d'1 mois |
| 2 ans et plus | Préavis de licenciement de 2 mois |
| 10 ans | Le taux de l'indemnité légale passe de 1/4 à 1/3 de mois de salaire par année, pour les années au-delà de dix |
Le seuil de 8 mois est celui qui se joue à quelques jours. Il s'apprécie à la date d'envoi de la lettre de licenciement, il exige une ancienneté ininterrompue, et il suffit d'un congé sans solde de trois semaines mal placé pour passer de l'autre côté. C'est la raison d'être de la ligne « jours déduits » de l'outil : voir la date exacte à laquelle le seuil est franchi, plutôt que de la supposer.
Au-delà de huit mois, l'indemnité se calcule par année de présence, en tenant compte des mois au-delà des années pleines : une année incomplète compte au prorata du nombre de mois complets. Une ancienneté de 6 ans et 4 mois ne vaut donc pas 6 ans, et l'arrondi vers le bas est une erreur courante. Pour le montant lui-même, l'outil indemnité de licenciement reprend le calcul.
Ces seuils sont ceux du Code du travail. Votre convention collective, votre contrat ou les usages de l'entreprise peuvent prévoir des seuils supplémentaires — prime d'ancienneté, jours de congés conventionnels, majoration de préavis — et ils sont souvent plus favorables. L'outil de recherche officiel permet de retrouver sa convention à partir du SIRET.
Les questions qui reviennent.
Comment calculer l'ancienneté entre deux dates ?
Quelle est la formule Excel pour un calcul d'ancienneté ?
Pourquoi ne faut-il pas utiliser DATEDIF avec l'argument « MD » ?
Un arrêt maladie coupe-t-il l'ancienneté ?
Le congé parental compte-t-il dans l'ancienneté ?
Mes CDD comptent-ils dans mon ancienneté après l'embauche en CDI ?
À partir de combien d'ancienneté a-t-on droit à l'indemnité de licenciement ?
Quelle est la durée du préavis selon l'ancienneté ?
Un contrat du 1er janvier au 31 décembre fait-il un an ou 11 mois et 30 jours ?
L'ancienneté se calcule-t-elle à la date de la lettre ou à la fin du préavis ?
Une période d'intérim avant l'embauche est-elle reprise ?
D'où viennent ces règles.
Périodes prises en compte en totalité, partiellement ou exclues, seuil de 8 mois, date d'appréciation, reprise des CDD, de l'apprentissage, du stage et de l'intérim : fiche Service Public F371, vérifiée le 24 juillet 2026, qui cite notamment les articles L1234-9, L1225-54, L1226-7, L1243-11, L1251-38, L1224-3, L1221-24, L6222-16 et L1233-67 du Code du travail. Durées de préavis et taux de l'indemnité légale : articles L1234-1 et L1234-9 du Code du travail. Comportement de la fonction DATEDIF, avertissement sur l'argument « MD » et formule de contournement : documentation Microsoft de la fonction DATEDIF. Sources consultées le 29 août 2026. Cet outil aide au calcul ; il ne remplace ni la paie ni un conseil juridique.
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