← Tous les outils
Outil · Calcul

Coût horaire réel : combien coûte vraiment une heure ?

Pas le coût « chargé » du bulletin de paie : le coût réel — charges, frais indirects et heures réellement productives. Vous obtenez votre coût de revient, le prix de vente à viser, et, en freelance, le TJM qui égale un salaire.

Gratuit · sans inscription100 % dans votre navigateur
Le coût réel est souvent 30 à 60 % au-dessus du coût chargé. C'est l'écart qui plombe les devis quand on l'ignore.
Ouvrier BTP N3 Salarié atelier Artisan seul Dirigeant TPE
Rémunération
~42 % salarié, ~45 % TNS, ~55 % dirigeant assimilé
Temps réellement productif
Admin, déplacements, intempéries…
Frais indirects (€/an, par personne)
Local, assurances, compta, véhicule…

100 % dans votre navigateur — aucune donnée n'est envoyée ni stockée. Vos chiffres restent chez vous.
— Comprendre

Coût chargé, coût réel : l'écart qui plombe les devis.

Ce qu'on appelle le prix de revient horaire — ou taux horaire de revient — n'est pas le chiffre du bulletin de paie. Le coût chargé, c'est le salaire plus les charges patronales, divisé par les heures payées. C'est le chiffre du bulletin de paie. Le coût réel, lui, ajoute tout ce que l'entreprise paie autour du poste — mutuelle, EPI, formation, déplacements, quote-part du local, des assurances, de la compta — et divise par les heures réellement productives. Pas les heures payées : les heures facturables.

La bascule vient du dénominateur. Sur 1 820 heures théoriques (35 h × 52 semaines), il ne reste, après congés, jours fériés, absences et temps non facturable, qu'environ 1 300 à 1 550 heures productives par an — souvent 1 480 à 1 580 dans le bâtiment. Résultat : le coût réel est en général 30 à 60 % au-dessus du coût chargé. Deviser sur le coût chargé, c'est travailler à perte sans le voir.

Et si vous êtes indépendant, la même logique donne votre TJM : votre revenu net, plus vos cotisations, plus vos frais pro, le tout sur vos seuls jours facturables. Avec une nuance à votre avantage — les dépenses que votre société prend en charge réduisent le net que vous devez vous verser.

— Le calcul

Le coût horaire réel, écrit noir sur blanc.

Une seule formule. Toute la difficulté est dans le dénominateur : c'est lui qui fait passer la même heure de 24 € à 38 €.

Coût horaire réel = (salaire brut + charges patronales + frais indirects) ÷ heures réellement productives

L'exemple complet. Un ouvrier payé 2 200 € brut par mois, soit 26 400 € sur l'année. Les charges patronales, après allègements, tournent autour de 32 % : + 8 448 €. Les frais indirects rattachés au poste — mutuelle, EPI, formation, véhicule et déplacements, quote-part du local, des assurances et de la compta — pèsent ici 7 200 €. Coût complet employeur : 42 048 €.

Reste le dénominateur. Sur 1 820 heures théoriques (35 h × 52 semaines), on retire 5 semaines de congés (175 h), les jours fériés (56 h), les absences moyennes (60 h) et le temps non facturable — trajets, administratif, intempéries, entretien du matériel — soit environ 10 % du reste (153 h). Il reste 1 376 heures réellement productives.

42 048 ÷ 1 376 = 30,56 € de coût horaire réel
Le coût chargé, lui : (26 400 + 8 448) ÷ 1 820 = 19,15 €

Même salarié, deux chiffres, 60 % d'écart. Deviser à 25 € de l'heure sur la foi du coût chargé, c'est croire qu'on marge 30 % alors qu'on perd 5,56 € par heure vendue. Sur 1 376 heures, cela fait 7 650 € de perte annuelle pour un seul poste — invisible dans la compta jusqu'au bilan.

Du coût réel au prix de vente : le coefficient

Le coût réel n'est pas un tarif. Il faut y ajouter la marge, et la marge se calcule sur le prix de vente, pas sur le coût — c'est l'erreur la plus fréquente. Viser 30 % de marge ne veut pas dire multiplier par 1,30, mais diviser par 0,70.

Marge viséeCoefficientPrix de vente (coût réel 30,56 €)
20 %÷ 0,80 (× 1,25)38,20 €
30 %÷ 0,70 (× 1,43)43,66 €
40 %÷ 0,60 (× 1,67)50,93 €

L'écart avec le réflexe « coût × 1,30 » (39,73 €) paraît mince ; il représente pourtant 10 % du chiffre d'affaires de chaque heure vendue. Le même piège se retrouve dès qu'on empile des pourcentages : voir le calcul de remises en cascade et celui de la marge inversée.

— Les repères

Combien d'heures productives, vraiment ?

Aucune norme, aucun barème. Ces ordres de grandeur servent à cadrer un calcul, pas à remplacer votre pointage.

ProfilHeures productives / anCe qui mange le reste
Ouvrier BTP, poseur1 480 – 1 580Trajets chantier, intempéries, chargement
Atelier, production1 500 – 1 650Réglages, maintenance, arrêts machine
Technicien itinérant1 250 – 1 400Route, rapports d'intervention, astreinte
Bureau d'études, conseil1 300 – 1 450Avant-vente, réunions internes, veille
Indépendant (en jours)200 – 220 joursProspection, devis, compta, intercontrats

Ces fourchettes ne sont pas des statistiques publiques : ce sont des ordres de grandeur de gestion. Le seul chiffre qui vaut est le vôtre, tiré de vos heures pointées de l'an dernier. Si vous ne les avez pas, commencez par les relever — une feuille d'heures suffit pour la première année.

Et méfiez-vous du réflexe inverse : gonfler le nombre d'heures productives pour faire baisser le coût horaire. Un dénominateur optimiste ne rend pas le devis plus compétitif, il rend la perte plus lente à voir. Pour une activité au forfait plutôt qu'à l'heure, le raisonnement se transpose sur le chiffre d'affaires réellement encaissable.

— Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande.

Coût chargé ou coût réel : lequel utiliser pour mes devis ?
Le coût réel. Le coût chargé (salaire + charges ÷ heures payées) sous-estime toujours : il oublie les frais indirects et compte des heures qui ne sont jamais facturées. Chiffrez sur le coût réel, puis ajoutez votre marge.
Combien d'heures productives par an ?
En théorie 1 820 h (35 h × 52 semaines). En pratique, après congés, fériés, absences et temps non facturable, on tombe autour de 1 300 à 1 550 h, souvent 1 480 à 1 580 dans le bâtiment. C'est ce dénominateur qui change tout.
Freelance : quel TJM pour égaler mon salaire ?
Il faut couvrir votre net, vos cotisations et vos frais pro sur vos seuls jours facturables (souvent 200 à 220 par an). L'outil calcule ce TJM et tient compte des dépenses que votre société porte, qui réduisent le net à vous verser.
Comment passer du coût réel au prix de vente ?
En divisant par (1 − marge visée), pas en multipliant par (1 + marge). Pour 30 % de marge sur un coût réel de 30,56 € : 30,56 ÷ 0,70 = 43,66 €. Le réflexe « × 1,30 » donne 39,73 €, soit 10 % de chiffre d'affaires perdu sur chaque heure vendue.
Quels frais indirects faut-il inclure ?
Tout ce que l'entreprise paie parce que ce poste existe : mutuelle et prévoyance, EPI et vêtements, formation, véhicule et déplacements, téléphone et outillage, plus une quote-part du loyer, des assurances, de la compta et de l'encadrement. La quote-part se répartit au prorata des effectifs ou des heures productives — l'important est d'utiliser la même clé chaque année.
Quel taux de charges patronales retenir ?
Autour de 32 % du brut pour un salaire proche du SMIC après allègements, jusqu'à 42-45 % pour un cadre au-delà du plafond. Le taux dépend de votre convention collective, du niveau de rémunération et des allègements applicables : reprenez le total employeur de votre DSN plutôt qu'un pourcentage moyen.
Coût horaire réel et taux horaire facturé, quelle différence ?
Le coût réel est ce que l'heure vous coûte ; le taux horaire facturé est ce que le client paie. L'écart, c'est votre marge — et elle doit couvrir les postes qui ne se rattachent à aucune heure productive : structure, commercial, impayés, investissement. Un taux facturé égal au coût réel n'est pas une marge nulle, c'est une perte.
Ces chiffres sont-ils fiables pour ma situation ?
Ce sont des estimations pour cadrer une décision. Les taux de charges dépendent de votre convention et de votre statut, l'impôt sur le revenu de votre foyer. Validez les montants exacts avec votre expert-comptable.
Mes salaires sortent-ils de mon navigateur ?
Non. Tout le calcul se fait en JavaScript dans votre navigateur : aucune donnée n'est envoyée sur un serveur, il n'y a ni compte, ni téléversement, ni journal côté serveur. Vous pouvez couper votre connexion après le chargement de la page, l'outil continue de fonctionner.
— Et quand c'est sérieux

Ces outils, c'est le coup de main gratuit.

Un calculateur, c'est pratique mais standard — on vous l'offre. La vraie valeur arrive quand le coût de revient se calcule tout seul sur vos données réelles : vos salaires, vos heures pointées, vos frais, mis à jour en continu, pour deviser juste sans refaire le calcul à la main. Exemple concret : le tableau de bord livré pour une entreprise de travaux — un export Excel de 11 000 lignes transformé en pilotage complet, 100 % confidentiel.

On en parle ?

Votre besoin n'est pas dans la liste ?

Ces outils règlent les tâches standards. Pour ce qui est spécifique à votre métier, on fabrique l'outil sur mesure — livré en jours, et il vous appartient.

+ Diagnostic gratuit+ Sans engagement
Choisir un créneau1H · GRATUIT
Voir nos disponibilités →

Confirmation immédiate · sans engagement