Coût horaire réel : combien coûte vraiment une heure ?
Pas le coût « chargé » du bulletin de paie : le coût réel — charges, frais indirects et heures réellement productives. Vous obtenez votre coût de revient, le prix de vente à viser, et, en freelance, le TJM qui égale un salaire.
Coût chargé, coût réel : l'écart qui plombe les devis.
Ce qu'on appelle le prix de revient horaire — ou taux horaire de revient — n'est pas le chiffre du bulletin de paie. Le coût chargé, c'est le salaire plus les charges patronales, divisé par les heures payées. C'est le chiffre du bulletin de paie. Le coût réel, lui, ajoute tout ce que l'entreprise paie autour du poste — mutuelle, EPI, formation, déplacements, quote-part du local, des assurances, de la compta — et divise par les heures réellement productives. Pas les heures payées : les heures facturables.
La bascule vient du dénominateur. Sur 1 820 heures théoriques (35 h × 52 semaines), il ne reste, après congés, jours fériés, absences et temps non facturable, qu'environ 1 300 à 1 550 heures productives par an — souvent 1 480 à 1 580 dans le bâtiment. Résultat : le coût réel est en général 30 à 60 % au-dessus du coût chargé. Deviser sur le coût chargé, c'est travailler à perte sans le voir.
Et si vous êtes indépendant, la même logique donne votre TJM : votre revenu net, plus vos cotisations, plus vos frais pro, le tout sur vos seuls jours facturables. Avec une nuance à votre avantage — les dépenses que votre société prend en charge réduisent le net que vous devez vous verser.
Le coût horaire réel, écrit noir sur blanc.
Une seule formule. Toute la difficulté est dans le dénominateur : c'est lui qui fait passer la même heure de 24 € à 38 €.
L'exemple complet. Un ouvrier payé 2 200 € brut par mois, soit 26 400 € sur l'année. Les charges patronales, après allègements, tournent autour de 32 % : + 8 448 €. Les frais indirects rattachés au poste — mutuelle, EPI, formation, véhicule et déplacements, quote-part du local, des assurances et de la compta — pèsent ici 7 200 €. Coût complet employeur : 42 048 €.
Reste le dénominateur. Sur 1 820 heures théoriques (35 h × 52 semaines), on retire 5 semaines de congés (175 h), les jours fériés (56 h), les absences moyennes (60 h) et le temps non facturable — trajets, administratif, intempéries, entretien du matériel — soit environ 10 % du reste (153 h). Il reste 1 376 heures réellement productives.
Le coût chargé, lui : (26 400 + 8 448) ÷ 1 820 = 19,15 €
Même salarié, deux chiffres, 60 % d'écart. Deviser à 25 € de l'heure sur la foi du coût chargé, c'est croire qu'on marge 30 % alors qu'on perd 5,56 € par heure vendue. Sur 1 376 heures, cela fait 7 650 € de perte annuelle pour un seul poste — invisible dans la compta jusqu'au bilan.
Du coût réel au prix de vente : le coefficient
Le coût réel n'est pas un tarif. Il faut y ajouter la marge, et la marge se calcule sur le prix de vente, pas sur le coût — c'est l'erreur la plus fréquente. Viser 30 % de marge ne veut pas dire multiplier par 1,30, mais diviser par 0,70.
| Marge visée | Coefficient | Prix de vente (coût réel 30,56 €) |
|---|---|---|
| 20 % | ÷ 0,80 (× 1,25) | 38,20 € |
| 30 % | ÷ 0,70 (× 1,43) | 43,66 € |
| 40 % | ÷ 0,60 (× 1,67) | 50,93 € |
L'écart avec le réflexe « coût × 1,30 » (39,73 €) paraît mince ; il représente pourtant 10 % du chiffre d'affaires de chaque heure vendue. Le même piège se retrouve dès qu'on empile des pourcentages : voir le calcul de remises en cascade et celui de la marge inversée.
Combien d'heures productives, vraiment ?
Aucune norme, aucun barème. Ces ordres de grandeur servent à cadrer un calcul, pas à remplacer votre pointage.
| Profil | Heures productives / an | Ce qui mange le reste |
|---|---|---|
| Ouvrier BTP, poseur | 1 480 – 1 580 | Trajets chantier, intempéries, chargement |
| Atelier, production | 1 500 – 1 650 | Réglages, maintenance, arrêts machine |
| Technicien itinérant | 1 250 – 1 400 | Route, rapports d'intervention, astreinte |
| Bureau d'études, conseil | 1 300 – 1 450 | Avant-vente, réunions internes, veille |
| Indépendant (en jours) | 200 – 220 jours | Prospection, devis, compta, intercontrats |
Ces fourchettes ne sont pas des statistiques publiques : ce sont des ordres de grandeur de gestion. Le seul chiffre qui vaut est le vôtre, tiré de vos heures pointées de l'an dernier. Si vous ne les avez pas, commencez par les relever — une feuille d'heures suffit pour la première année.
Et méfiez-vous du réflexe inverse : gonfler le nombre d'heures productives pour faire baisser le coût horaire. Un dénominateur optimiste ne rend pas le devis plus compétitif, il rend la perte plus lente à voir. Pour une activité au forfait plutôt qu'à l'heure, le raisonnement se transpose sur le chiffre d'affaires réellement encaissable.
Ce qu'on nous demande.
Coût chargé ou coût réel : lequel utiliser pour mes devis ?
Combien d'heures productives par an ?
Freelance : quel TJM pour égaler mon salaire ?
Comment passer du coût réel au prix de vente ?
Quels frais indirects faut-il inclure ?
Quel taux de charges patronales retenir ?
Coût horaire réel et taux horaire facturé, quelle différence ?
Ces chiffres sont-ils fiables pour ma situation ?
Mes salaires sortent-ils de mon navigateur ?
Ces outils, c'est le coup de main gratuit.
Un calculateur, c'est pratique mais standard — on vous l'offre. La vraie valeur arrive quand le coût de revient se calcule tout seul sur vos données réelles : vos salaires, vos heures pointées, vos frais, mis à jour en continu, pour deviser juste sans refaire le calcul à la main. Exemple concret : le tableau de bord livré pour une entreprise de travaux — un export Excel de 11 000 lignes transformé en pilotage complet, 100 % confidentiel.
Votre besoin n'est pas dans la liste ?
Ces outils règlent les tâches standards. Pour ce qui est spécifique à votre métier, on fabrique l'outil sur mesure — livré en jours, et il vous appartient.
Confirmation immédiate · sans engagement